Médusa, 2017
Lieu : Gare des Mines, Paris
Durée : 1h20
Description :
Méduse est un rite initiatique, une catabase vertigineuse dans les intestins de la terre jusqu’aux sources de la femme. Il s'agit d'une action souriante et subversive révélant le « sexe féminin ». Le double visage castrateur et moqueur de la Gorgone est le symbole d’une féminité qui vise à intégrer le manque, la limite, et à les transformer en plaisir de pro-création. À travers une écriture à action directe, la performance cherche à récupérer un corps confisqué par la culture patriarcale et misogyne, à l’exposer au refoulement, à briser les limites de son propre ego, et à provoquer une offense à la pudeur en tirant à boulets rouges sur les tours de contrôle.
« Il est temps de libérer la Nouvelle de l’Ancienne en la connaissant, en l’aimant de s’en tirer, de dépasser l’Ancienne sans retard, en allant au-devant de ce que la Nouvelle sera, comme la flèche quitte la corde, d’un trait rassemblant et séparant les ondes musicalement, afin d’être plus qu’elle-même. »
Performance : Paola Daniele
Dramaturgie : Andrea de Carlo
Design sonore et vidéo animée : Cesare Saldicco
Exposition photo : Enrico Cocuccioni, Debora De Bartolo, Nicoletta Panebianco
Scénographie : Elodie Bielhman
Invitation par : Véronique Hubert
Mes performances sont des actes de mémoire et de résistance, où le corps devient lieu de confrontation et de partage. Offert dans sa vulnérabilité comme dans sa puissance, il porte des gestes radicaux qui ouvrent un espace entre intimité et collectif, rite et politique.
Comme l’écrit le critique Massimo Schiavoni :
« Ses actes performatifs sont épris de violence. Pour elle, exposer ça veut dire mettre en témoignage, offrir à la vue, mais aussi courir un risque et, enfin et surtout, commenter, interpréter. Ici, le corps est l'objet de toutes ces significations, donné en lui-même, dans son originalité, dans sa bonté et sa vulnérabilité, dans son immense communicabilité. Paola Daniele montre une sorte de rite d'initiation, élargi, étendu, comme si de son propre sang naissait une énergie purificatrice qui synthétise en lui deux aspects : un côté protecteur, salvateur et un côté terrifiant. »
(Massimo Schiavoni, Performance Project #Complici di una scena presente, Sigismundus, Ascoli Piceno, 2016)