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Lessive à Villa Borghese, Rome, 2018 
Performance, 1 h 30

Dans Lessive à Villa Borghese, Paola Daniele déplace dans l’espace public un geste traditionnellement associé à la sphère domestique : laver du linge taché de sang menstruel.

Pendant une heure et demie, l’artiste utilise les fontaines monumentales de Villa Borghese comme lieu d’action, sous le regard des passant·es et des gendarmes à cheval. Ce déplacement transforme un geste ordinaire de nettoyage en une action de dévoilement.

La performance interroge les représentations culturelles et sociales qui ont historiquement associé les menstruations à l’impureté, à la honte et à la nécessité de dissimulation. Ce qui devait être effacé devient ici visible. Ce qui appartenait à l’intime traverse l’espace collectif.

Le sang menstruel n’est plus traité comme une trace indésirable, mais comme une matière symbolique à partir de laquelle questionner les normes qui encadrent les corps, leur visibilité et leur légitimité dans l’espace public.

En détournant l’acte de laver de sa fonction première, Lessive à Villa Borghese ouvre un espace de réappropriation : du corps, du sang, du geste domestique et de l’espace urbain lui-même.

Photographies : Enrico Cocuccioni