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La Capela, Paris 2017
Exposition – 20 rue Philippe de Girard, Paris
25 janvier – 5 février 2017
Hic est sanguis meus est un collectif d’artistes créé par la chorégraphe Paola Daniele.
Né de plusieurs années de recherches et de résidences, il rassemble plus de soixante-dix artistes autour d’un sujet universel et tabou : le sang des femmes.
À travers performances, installations, projections et débats, le collectif affirme que ce sang n’est pas une honte mais une force, un symbole du corps, des luttes et de l’émancipation.
L’exposition à La Capela a proposé une programmation riche : vidéos, performances, photographies, œuvres collectives et rituelles, pour briser le silence et ouvrir un dialogue autour du corps féminin et de ses représentations.
Hic est sanguis meus est un espace de création et de résistance, où l’art devient moyen de libération et de prise de conscience.
Une exploration artistique et politique
À travers performances, installations, projections, conférences, ateliers, concerts et tables rondes, Hic est sanguis meus ouvre un espace de création et de dialogue sur une question encore embarrassante.
Pourquoi parler du sang féminin ? Parce qu’il reste tabou. Parce que le mot même de « menstruation » dérange et qu’on préfère le cacher derrière une multitude de synonymes, révélant une honte intériorisée. Parce que ce sang, banal et naturel, continue d’être associé à l’impureté, au péché, à la malédiction.
L’exposition à La Capela a présenté une programmation riche :
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Dolor d’Anaïs Morisset (alias Ut Barley Sugar), court-métrage onirique sur l’endométriose et les superstitions liées aux règles.
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During my period, installation en fils de laine révélant à la fois la beauté de l’écoulement et ses contradictions.
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Les photographies de Moïra Dalant, qui invitent les femmes à redécouvrir et réapproprier leur intimité.
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L’œuvre de FUR Aphrodite, où le sang féminin se mêle au sang sacré, rapprochant la Madone et les femmes ordinaires.
Corps, mémoire et rituel
La performance I Capelli della Strega. Una danza con Zeus (Naples, 2016) de Paola Daniele en collaboration avec l’artiste islandais Halldór Ásgeirsson, mêle transe et matière : la pierre volcanique du Vésuve fondue au chalumeau rencontre un bloc de sang menstruel glacé. La vidéo réalisée par Maxime Colin Yves garde trace de cette rencontre organique entre la terre et le corps.
Lors de l’exposition à La Capela, plusieurs performances collectives ont prolongé cette recherche :
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Amor Proprio, chorégraphie de Paola Daniele sur l’accordéon de Claude Parle, impliquant dix artistes dans un jeu de présence, de toucher et de regard.
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Pour le finissage, une création collective entièrement féminine autour du concept d’« unité imaginaire », interrogeant la fragilité du passage de l’enfance à l’âge adulte.
Un projet toujours actuel
Par la mise en commun d’expériences et de sensibilités multiples, Hic est sanguis meus affirme :
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que le sang menstruel est une force, non une honte ;
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que parler des règles, de l’endométriose, de la précarité menstruelle ou des taxes sur les protections hygiéniques est une nécessité politique ;
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que l’art peut être un vecteur puissant de prise de conscience et d’émancipation.
Comme l’affirme Ut Barley Sugar, artiste du collectif :
« Il est nécessaire de montrer ce qu’est ce sang. Il faut parler des menstruations. Hic est sanguis meus est une guilde pleine de sens, composée de femmes et d’hommes de différentes nationalités, qui souhaitent briser le tabou du sang des femmes. »