Présentation du collectif
Nos expositions
Les artistes
Nos textes
Galerie 59 Rivoli Paris, 2014
Genèse du collectif Hic Est Sanguis Meus
Rédigée à Paris le 26 février 2015
Consulter les textes des expostions
Hic Est Sanguis Meus naît au printemps 2014 à Paris, porté par le désir de Paola Daniele de se réapproprier un travail artistique de longue haleine sur le sang, en se concentrant sur cet épisode menstruel qui traverse les vies de nombreuses personnes menstruées. Cette initiative féministe et militante entend briser les tabous plurisécularisés liés aux menstruations, perçues comme impuretés, abominations ou objets de fascination médicale et culturelle.
Paola Daniele, à son arrivée à Paris depuis sa Calabre natale, rencontre Maxime Colin Yves, passionné par l’histoire des femmes et actif dans divers domaines de la création. Ensemble, ils imaginent une démarche évolutive et participative capable de répondre aux enjeux soulevés par cet objet d’étude subversif.
Les sangs menstruels, considérés comme une abomination intellectuelle par Aristote, Saint Paul, Mahomet et d'autres figures des philosophies classiques et des religions monothéistes, sont toujours tabous dans les sociétés contemporaines. L'art militant des années 1970 a amorcé une déconstruction, mais le puritanisme persiste. Les publicités continuent de transformer les sangs menstruels en liquides bleus stériles, aliénants et méconnaissables.
Dans ce contexte, il semble urgent de réinvestir le discours sur les corps et la sexualité, jusque dans leurs aspects les plus viscéraux. Les menstruations deviennent un point de résistance culturelle face à des manifestations réactionnaires, homophobes et rétrogrades.
La naissance du collectif
Une campagne de communication informelle est lancée pour mobiliser des créateur·rice·s sensibles à cette thématique. Des artistes et auteur·rice·s de nationalités et disciplines variées rejoignent l'initiative. Une première rencontre se tient au printemps dans un bar parisien avec une vingtaine de participant·e·s. Les idées fusent, des références sont partagées sur les réseaux sociaux, et une nouvelle réunion précède l'été pour décider de la scénographie de l'exposition.
Grâce aux négociations de Paola Daniele, le collectif obtient l'espace du 59Rivoli à Paris. Lors du vernissage, quarante artistes sont réuni·e·s autour d'œuvres allant de la poésie la plus subtile au trash le plus décomplexé. Une installation participative invite les visiteur·se·s à dessiner des vulves et dialoguer librement avec les membres du collectif.
Une réception marquante
Si certain·e·s visiteur·se·s restent figé·e·s devant une installation provocante — un phallus grotesque en papier mâché maculé de sang derrière un rideau de tampons — d'autres expriment leur intérêt sincère pour la pluralité des regards sur les sangs menstruels. Des journalistes s'entretiennent avec le collectif, et des propositions pour de nouvelles expositions à l'étranger affluent.
Un mouvement en expansion
Fidèle à ses valeurs d’égalité, de diversité et de liberté de tons, Hic Est Sanguis Meus grandit rapidement. Après une exposition au Rialto de Rome en décembre 2014 lors d’une soirée électro rassemblant plus d’un millier de personnes, le collectif envisage des résidences et ateliers créatifs dans diverses capitales européennes et régions plus reculées.
Le collectif porte une mission claire : déconstruire les préjugés et transformer les menstruations en une matière artistique et militante, réappropriée et valorisée. Car la relation tourmentée aux menstrues est universelle : peu de sociétés échappent aux croyances, superstitions ou répulsions à leur égard, qui contribuent à exclure les personnes menstruées de la sphère publique et à justifier des discriminations structurelles.
"Il est temps de libérer les corps menstrués et de réenchanter leurs récits pour une émancipation collective et radicale."